Burn-out : comprendre l’épuisement professionnel
Un volcan n’explose pas sans prévenir.
Pendant des semaines, des mois, parfois des années, le magma s’accumule dans les profondeurs.
Pourtant, vu de l’extérieur, la montagne semble toujours solide.
Le burn-out suit souvent la même logique.
Il agit comme un volcan qui projette du plus profond de soi des éléments devenus insupportables.
Imaginez.
Vous êtes en poste. Vous connaissez votre job, voire vous l’aimez. Vous êtes efficace et investi.
Avant l’éruption
Votre boss est parti et un nouveau est arrivé.
Des dossiers à fort enjeu s’accumulent.
Vous êtes en réunion toute la journée.
Vous répondez aux mails le soir.
Vous travaillez pendant les vacances.
Vous voulez rester irréprochable.
De micro-secousses se font sentir auxquelles vous n’attachez pas d’importance.
Vous dormez mal, ou/et peu et vous êtes fatigué.
Vous avez des maux de ventre, de tête, de dos, des courbatures inexpliquées.
Vous êtes facilement irritable.
« Quand ce dossier sera terminé, je soufflerai. »
Vous doutez de votre efficacité, mais rien n’est encore visible.
Pour montrer que vous êtes toujours disponible et compétent, vous redoublez d’effort.
Il faut tenir coûte que coûte.
La croûte résiste encore mais le terrain se boursoufle.
Puis arrive le moment où le système ne peut plus contenir la pression.
Pendant l’éruption
Soudain c’est l’explosion, la croûte terrestre se rompt. Le volcan entre en éruption.
Votre corps dit stop brutalement. Il tombe, il n’arrive pas à se lever. Vous vous effondrez.
De grandes coulées de lave brûlantes se répandent tout autour.
Un matin, vous êtes incapable de vous lever.
Vous n’arrivez plus à marcher, à lire, à parler, à réfléchir.
Vous n’arrivez même plus à vous reposer.
Les cendres obscurcissent le ciel. La fumée des vapeurs se répand tout autour.
Tout est envahi par le brouillard : votre cerveau a disjoncté.
Vous avez des crises d’angoisse, des pertes de mémoire. Vous perdez les repères de votre environnement proche. Vous êtes totalement désorienté, incapable de fonctionner comme avant.
Votre système interne a atteint sa limite de résistance.
Après l’éruption
Lorsque l’éruption cesse, le paysage est méconnaissable. Le terrain est dévasté, il ne reste plus que cendres et silence.
La vie a comme quitté votre corps.
Vous ressentez de l’incompréhension et de la honte.
Vous avez peur de replonger, de ne jamais redevenir comme avant.
Et en même temps, vous êtes impatient de guérir.
La lave refroidit et se solidifie.
Vous retrouvez des repères jusqu’alors méconnus.
Lentement, quelque chose se remet en mouvement.
Vous commencez à sentir ce dont vous avez besoin.
Vous posez des limites claires.
Les terres volcaniques sont parmi les plus fertiles du monde.
Le burn-out n’est pas une défaillance. C’est un système sous pression qui a trouvé sa limite.
Le volcan n’a pas explosé parce qu’il était fragile.
Il a explosé parce qu’il contenait depuis trop longtemps une pression devenue impossible à supporter.
Après le séisme, on ne reconstruit pas à l’identique On se reconstruit différemment.
Et c’est là que le travail commence vraiment.
Dans mes accompagnements, je n’explore pas seulement « Comment récupérer ? ».
« Comment en êtes-vous arrivé là ? »
« Quels signaux avez-vous cessé d’écouter ? »
« Qu’avez-vous sacrifié pour continuer à tenir ? »
La Gestalt-thérapie, c’est une approche qui travaille le contact. Le contact avec soi, avec ses besoins, avec ce qui a été tu trop longtemps.
Ensemble, on permet à la vie de reprendre.